Transcriptions des Interviews

Le travail ardu d’enregistrement, de transcription, de traduction et de publication des voix des 176 vieux Camerounais témoins de l’histoire livre enfin ses premiers résultats. Grande est notre satisfaction de voir aboutir les efforts de plus de trente ans de persévérance et de labeur afin de restituer le plus fidèlement possible cet héritage historique d’une valeur inestimable. Cependant, nous sommes conscients des imperfections de cette première parution quant-au degré de rigueur qu’une telle tâche incombe. Nombreuses ont été les difficultés qui ont jalonné ce processus sinueux. La rareté des experts maîtrisant vraiment les langues nationales est un véritable obstacle. Le problème s’avère d’autant plus complexe que très peu d’entre eux maîtrisent les variétés linguistiques camerounaises d’il y a trente ans. Certains vocables ayant complètement disparu ou changé de sens, leur reconstitution sémantique et orthographique devient délicate. Ainsi, il ne sera pas rare par exemple de rencontrer différentes variations orthographiques des mêmes morphèmes. Ne maniant pas avec aisance certaines langues coloniales comme l’allemand, les linguistes étaient dans la difficulté de restituer dans une orthographie correcte ces mots qui parsèment les témoignages enregistrés. En plus, l’environnement plurilinguistique est à l’origine du glissement régulier d’une langue à une autre au cours d’une même interview. Cela oblige un véritable travail de synergie entre les locouteurs des différentes langues (camerounaises et européennes) utilisées, pour rester fidèle au (con)texte et éviter une perte d’informations dans le résultat final.

En outre, nous avons été tiraillés entre le besoin d’une part de livrer un texte scientifiquement correct respectant les normes linguistiques en vigueur et le besoin de le rendre accessible à la compréhension du lecteur moyen. Le dilemme se posait également quant-au choix du type de transcription. Devait-on faire une transcription purement phonétique qui exclurait les non-initiés à la linguistique à accéder au message encodé, ou alors une transcription orthographique qui ferait fi de l’aspect sonore, caractéristique des témoignages enregistrés ? Nous avons voulu rester fidèles au style des langues originales employées afin que les textes restent aussi familiers que possible.

Ces publications premières du genre respectent scrupuleusement les résultats des opérations de transcription et de traduction de nos experts partenaires travaillant sur ce projet. Le rendu de ces travaux s’améliorera progressivement dans les éditions ultérieures. Ces versions prototypiques se veulent un prélude, une esquisse, une avant-première d’un ensemble de textes fondamentaux en cours de traitement qui viendront rehausser notre compréhension de l’histoire.    

Recherche